Chapitre 18 : Réminiscence
12 Septembre 2008La porte fermée, un peu de confort retrouvé, je m'installe sur mon lit.
Je ferme les yeux cinq minutes. Les idées afflux, le rythme, les paroles, les émotions.
Je me lève précipitamment, j'ouvre la housse de ma guitare acoustique usé. Le son qu'elle produit n'a rien à voir avec ce qu'on est en droit d'attendre d'un bon morceau….
Je tente de retrouver les premiers arpèges, ceux que j'avais en tête quelques minutes auparavant.
JB m'a bien aidé sur ce coup là. Je l'ai ma première vraie chanson.
Je commence à jouer et les paroles viennent quasiment toute seul.
Je suis dans la forêt. Il fait nuit.
La lumière de la pleine lune remplit les bois d'une aura presque irréelle.
Autour de moi, des enfants. Je ne sais pas ce qu'ils font là.
Je leur dis d'approcher, d'écouter ce que j'ai à leur dire, je veux les prévenir.
Je veux leur dire que l'amour est dangereux, qu'il est violent et sans pitié. Que l'on peut aimer comme un fou des gens qui ne nous le rendent jamais. Qu'il est si facile d'être oublié et que les gens comme nous finissent toujours par souffrir, quoiqu'il arrive.
Mais malgré tout, je leur donne de l'espoir. L'espoir que peut-être je me trompe, que l'amour ce n'est pas ça. Que j'ai mal interprété, que j'ai vécu les choses ainsi. Que l'égoïsme dont j'ai été victime, le mien comme le sien n'était pas réel.
Pauvres enfants, tant de choses à emmagasiner en si peu de temps.
Le temps je le prends justement, je pose les bases de l'histoire, les tenants, les aboutissants, j'essaye de leur expliquer pourquoi et comment j'en suis arrivé là.
Et je fini sur une pointe d'espoir, l'esprit enfin vide…vide et libre.
Je pose la guitare, je me sens bien, si bien.
J'ai enfin exprimé ce que je ressentais. Ma chanson est là, toute jeune et pourtant si ancienne. Elle porte en elle tout ce que j'ai ressassé ces derniers mois.
Toutes mes craintes, mes peurs, mes espoirs, mes envies, mes idées, mes paroles avortées (celle que je n'ai jamais osé prononcer ou que personne ne voulait entendre).
Je l'enregistre dans la foulée.
J'y ajoute un solo assez simple mais qui exprime bien ce que je ressens.
C'est encore un peu maladroit, l'enregistrement est mauvais mais la première chanson est finie, la plus dure.
Une heure plus tard, toute lumière éteinte, je m'allonge.
Le visage d'Adeline me revient en mémoire. Tout me revient en mémoire.
Pourtant, pour la première fois quand j'y repense, je n'éprouve plus rien. Je veux dire, plus de rancœur, plus de dépendance, plus de joie, plus de peine, juste de l'amour.
Je sens que même s'il n'est pas partagé, il est là dans toute sa simplicité. Un parfait, profond et banal amour.
Je me dis qu'il est temps.
Le lendemain vers 21H j'attrape mon combiné et compose le numéro de celle à laquelle je ne croyais jamais reparler.
La voix est bizarre mais c'est bien la sienne, le rendez-vous est pris, je revois Adeline dans trois jours.
Die Useful - Chapitre 18 - Copyright ALBERGE Romain 2007-2008

Commentaires
Cantalou le 11/12/2008 à 03:42:08pas mal :)