Heart N Wing - Journal Intime d'un groupe de Rock

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Chapitre 20 : Un amour pour un autre

16 septembre 2008



Découvrez Ben Harper!


Il est 23H, le vent qui souffle sur mon visage brûle ma peau habituée à une douce chaleur.
Je me protège avec mon bras jusqu'à ce que la bourrasque passe, puis emprunte la rue en pente.
Tout en bas, quelques lumières viennent brisées l'obscurité ambiante.

« Et toi là bas. »

J'élude cet appel instantanément, je n'ai pas le temps.

Empêtré dans ma haine et ma rancœur, je cherche à fuir.
Fuir toute cette colère qui enfle en moi.
Je marche, sans savoir où je vais, je marche et j'espère qu'elle va disparaitre.

Je croise deux ou trois personnes pressant le pas, le froid est de plus en plus dur.
Je branche mon casque, je ne ressens plus la douleur, elle disparait.
Je suis sur Mars en compagnie de Ben. Cette chanson me touche parce que inconsciemment j'en veux à quelqu'un. Est-ce vraiment de la haine, de la hargne où juste mon envie inconditionnelle de refuser la fatalité…l'envie de se battre jusqu'au bout ?

Une décharge me frappe. Une bourrasque plus froide que les autres me cloue sur place. J'ai froid, j'ai mal, je suis perdu…
Pourquoi ces rêves, pourquoi aimer cette fille, pourquoi continuer la musique…
Je regarde autour de moi : plus personne. Seul me parvient au loin, la clameur rassurante d'un groupe en train d'applaudir.

Le renfoncement près de moi est accueillant, je m'y loge.
« Qu'est-ce que je fais ici ? Je suis vraiment con… »
« Tu l'as dit… »
« Marc ? »
« Enfin ! Je t'ai appelé mais tu ne t'es même pas retourné… »
« Désolé, j'étais énervé…je t'ai même pas vu. »
« Pas grave. Tu veux boire un coup ? »
J'hésite un instant
« Oui, ça me détendra. »

Je suis mon ami de toujours vers un bar. L'air est chaud. Ma peau me brûle quelques secondes. Je loge mes mains sous mon pull et mon tee-shirt pour les réchauffer. Une odeur de cigare me fait penser que la police ne doit pas passer souvent.
« Messieurs ! Vous voulez quoi ? »
Le patron du bar nous harangue.
Nous nous installons devant la scène une bouteille de bière à la main.

Le groupe de rock face à nous joue de façon insipide, je n'y prête pas attention.
« Bon si tu me disais ce qui ne va pas… »
« Rien…je préfère ne pas en parler. »
« Allez vas-y. De toute façon, je sais ce que c'est…Adeline ! »
Je fixe Marc des yeux. Je vais lui dire puisqu'il veut savoir…

« Ok…je l'ai revu hier. »
« Génial ça s'est passé comment ? »
« Super bien. »
« Bah alors, c'est quoi le problème ? »
Je reprends une gorgée d'Adelscott.
« Pour moi, ça s'est bien passé, mais elle… »
« Quoi elle… »
« Elle n'allait pas bien. »
Le chanteur pousse un cri strident. Nous l'observons un instant. L'assemblée semble apprécier, pas moi.
« Qu'est-ce qu'elle avait ? »
« Maigre, fatiguée, perdue… »
« Bah pourquoi ça ? »
« Je ne sais pas. »
« Et son copain ? »
« J'ai pas voulu en parler ? »
« C'est maigre comme détails, tu as quoi d'autres à me raconter ? »
« Elle n'était pas heureuse, je l'ai senti. »
« Oui mais tu ne peux rien faire. C'est plus à toi de t'en occuper. »
« Putain Marc ! Tu ne comprends pas ? »
Le guitariste me jette un œil mauvais.
« Je l'ai quitté pour pas qu'elle souffre et pourtant elle souffre encore. »
« C'est rien… »
« Elle a mal, elle me l'a dit… »
« Physiquement surement… »
« Oui mais je ne comprends pas. Je voudrais être là pour elle mais je ne sais pas quoi faire…Elle cache ses sentiments. »
« Si elle te recontacte, essaye de savoir…Et puis essaye aussi de passer à autre chose… »
« Pourquoi ? Tu crois que c'est mal ? »
« C'est pas mal, c'est toi qui te fait mal… »
« Oui, j'ai mal pour elle. Je veux être là pour m'occuper d'elle… »
« Mais t'as rien compris ! »

-On fait une pause ! Nous revenons tout de suite !
Le groupe quitte la salle, enfin un peu de calme.

« Aurélien…tu m'avais dit que tu étais près à la revoir… »
« Je l'aime Marc… »
Il m'observe avec un sourire paternel. Je sais qu'il me comprend.
« T'as raison, t'es vraiment con… »
Je finis ma bière en souriant moi aussi.

« Mais maintenant tu dois accepter le fait qu'elle ne t'aime plus. C'est fini mon gars. »
La sentence tombe. Comme la bourrasque de tout à l'heure, je reçois une décharge.
« Sans doute… »
L'image d'Adeline tremblante et désemparée me revient. J'ai essayé de rester en souriant mais elle a fuit. Je n'ai rien pu dire.
Sans doute me déteste t'elle à ce point qu'une discussion lui est pénible…

« Aurélien ! »
« Oui ? »
« C'est à nous… »
« Quoi ? »
« Je me suis arrangé avec le patron. Prends la gratte, on joue. »



Die Useful - Chapitre 20 - Copyright ALBERGE Romain 2007-2008


Article ajouté le 2008-12-11 , consulté 25 fois

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