Intermède 3 : Vacances ?
Les lumières clignotantes de l'écran de télévision se reflètent sur nos deux visages.
Elle est assise près de moi et je plonge mon regard dans ses yeux. Nous attendons tous les deux un geste de l'autre.
Je ferme les yeux et m'approche d'elle.
Nous nous embrassons…
Matthew Bellamy frappe les touches du piano posé face à lui sur la scène de Wembley alors que je la prends dans mes bras.
Je pose un second baisé sur ses lèvres. Elle me sert fort de ses petits bras autour de ma taille.
J'en fais de même et je l'entraine avec moi.
Nous restons enlacer quelques instants et nous nous allongeons sur mon lit.
Je la sens me couvrir de baiser.
Je veux la voir, je veux la serrer plus fort…
Mais rien, plus rien…
J'ouvre les yeux.
Au loin, la voix du chanteur de Muse résonne toujours, mais à côté de moi ce sont des piles et des piles de cartons qui s'entassent.
Mon lit, ma télé, tout à disparu, remplacé par un vieil entrepôt encombré par des tonnes de boites de conserve à expédier. Ma mission : les compter et acheminer celles qui doivent l'être.
Un mois que je fais ça, un mois que je me fais chier, un mois qu'Adeline est avec quelqu'un…
Je me suis presque fait à cette idée, il faut juste que je dise à mon cœur d'arrêter de saigner et surtout que j'arrête d'écouter cette musique.
« Tu vas te bouger le cul ! »
Ah, c'est mon patron, un sois disant ami à mon père.
Il doit se venger des blagues qu'il devait lui infliger étant jeune, parce que je déguste.
Je me console avec le bout de papier que j'ai récupéré.
Durant mes pauses je l'utilise pour écrire des suites de mots qui se marient bien ensemble, qui sonnent entre eux. Comme on le ferait pour écrire les paroles d'une chanson.
Aujourd'hui, Feeling Good m'a inspiré un poème assez sympathique.
Il parle de deux poissons perdus dans l'eau. Ils cherchent un moyen de s'en sortir et l'un d'eux la trouve : sortir de l'eau, tout simplement.
J'ai l'impression de passer pour un demeuré lorsque j'écris tout ça. L'impression d'être devenu fou et d'écrire sur les murs de ma geôle les quelques seules idées sensées qui me passent par la tête.
Je vis ma vie d'autiste depuis un bon moment maintenant et les idées s'entassent dans ma tête et dans mes classeurs. Lorsque tout sera fini, lorsqu'Adeline sera sortie de ma tête, lorsque j'aurai fini de travailler et que les vacances commenceront, je ferais tout disparaitre…
Je me suis fais à cette idée et tout est presque fini. Presque tout…jusqu'au jour ou je reçois de très loin une carte de celle que je tente d'oublier.
Die Useful - Intermède 3 - Copyright ALBERGE Romain 2007-2009

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