Chapitre 1 : Dernières chances
2 Mars 2008Découvrez Queen!
J'ouvre la porte, la lumière brûle mes yeux.
Je ferme à clé et regarde machinalement dans la boîte aux lettres : rien.
Il fait très beau.
J'entends un léger bruit à travers les écouteurs. Une sorte de raclement : quelqu'un lave des carreaux. Un rapide coup d'œil et j'aperçois un voisin lavant sa voiture.
Je me retourne en direction de la place et j'avance.
« Pourquoi je suis sorti déjà ? Ah oui, les courses…
Pourquoi je dois faire les courses déjà ? J'ai tout ce qu'il faut. »
Malgré cette réflexion pleine de bon sens, je poursuis mon chemin.
Je quitte ma petite rue étroite et sombre et j'atterris sur la place …
Les pavés brillent sous le soleil de l'après midi. La chaleur ambiante est impressionnante pour un mois de Mars.
« Punaise, on se croirait en été…
Bon, où est-ce que je vais trouver un magasin ouvert un dimanche ? Putain, j'suis vraiment un couillon, j'avais oublié… »
Cette fois, l'idée de rebrousser chemin me parcours très fortement l'esprit.
« Oh et puis après tout il fait beau, je vais pas m'en priver. »
Je passe devant une terrasse de café déserte. Il n'y a personne. Personne sur la place, dans les rues, dans les maisons, la ville est déserte.
Pourtant, malgré cette absence étrange, je ne ressens aucune angoisse, au contraire, je me sens bien.
« Des vacances, des vrais vacances, c'est pour bientôt. »
Je marche tout droit et rencontre quelques couples bras dessus, bras dessous. Je détourne le regard et j'aperçois alors un grand bâtiment entouré d'énorme grille. Un large escalier mène à l'entrée, elle aussi protégé par une grille : le tribunal. Je le longe et emprunte un passage étroit entre deux maisons :
« C'est quoi, là bas ? Une enseigne ? Putain un magasin ! »
J'approche.
« Et merde c'est bien un magasin, et ouvert en plus.
Ok, si ça marche pour ça alors je voudrais du fric et … »
« Et quoi ? »
« Hun ? »
Je retire mes écouteurs et cherche du regard la source mystérieuse de cette remarque.
« Ici ! »
« Ah, euh… salut. »
La jeune fille que j'essayais justement d'oublier se trouvait à quelques mètres de moi de l'autre côté de la rue.
« Alors, toi aussi tu te balades ? »
« Ouai, je fais des courses. »
Mais non, pourquoi tu dis ça ? C'est très con, t'es un mec, tu fais pas tes courses comme ça pour le plaisir.
« Ah, ok… Passionnant… »
« Oui, euh, comme je t'ai dis, je l'ai trouvé très bien, le cd que tu m'as passé. »
« C'est intéressant oui, mais le chanteur est vraiment nul… »
« Ah, euh… oui c'est vrai t'as raison. »
Alors là, c'est pitoyable, tu ferais mieux de trouver quelque chose où elle va partir.
« Bon et bien je vais y aller, je rentre vite, j'ai un gâteau à préparer. »
« Un gateau ? »
« Oui je te l'ai dis tout à l'heure, pour mes potes. »
« Ah oui… tes potes… euh et bien bonne préparation et bonne soirée. »
« T'inquiètes pas, à demain en cours ! »
Elle est partie. Elle s'éloigne…
« Quel con ! Putain, mais je suis trop con ! »
J'assène un violent coup de pieds au mur près de moi.
« Ah putain et en plus je me déboîte le pied, punaise mais j'suis vraiment trop con ! »
Une vieille dame ferme sa fenêtre juste au dessus de moi.
« Ok, ok, j'arrête les conneries, je vais me payer des bonbecs et retour à la maison. »
Elle s'est éloignée, mais au moins elle m'a parlé.
« Ah ouai super, elle m'a parlé… Je suis vraiment trop glandu. »
Elle m'a parlé et elle a souri
« Et elle a souri parce qu'elle se foutait de ma gueule… »
J'atteins le magasin, je pousse la porte et je tombe nez à nez avec une montagne : 1m90, taillé comme un roc, le propriétaire du magasin me fixe du regard.
« Il est 18H, je ferme ! »
« Mais euh… je voulais juste… »
« Je ferme ! »
« Et merde ! »
Je ressors.
« Putain décidément j'ai pas de bol aujourd'hui d'abord cette fille et puis ensuite le proprio. »
« Qu'est-ce que j'ai fais ? »
« Quoi ? »
« Tu parlais de moi ? »
Elle est encore là…
« En fait j'ai réfléchis il me manquait un truc. Il est encore ouvert le magasin ? »
« Oui j'en viens. Euh non attend … trop tard … »
Quelques minutes plus tard, elle pousse la porte, la mine réjouie et un sac remplis de tablette de chocolat.
« Et voila, pourquoi tu m'as demandé de t'attendre ? »
« Euh non rien, je me suis gourré, je … enfin non rien. »
« Ok, bon et bah j'y vais. »
« D'accord. Tiens au fait, comment tu l'a trouvé guitar hero ? »
« Super, un de mes potes là, on passe nos soirées dessus. »
« Ah… cool ! Euh… bon gateau alors et bon jeu. »
« Merci, bonne soirée à toi aussi. »
Elle repart.
Les mains vides et le cœur plein je pars dans l'autre direction.
Je remet mes écouteurs, je pousse le bouton play du lecteur : "Somehow I have to make this final breakthrough !"
Die Useful - Chapitre 1 - Copyright ALBERGE Romain 2007-2008

Commentaires