Chapitre 13 : Retrouvailles
20 Août 2008La soirée se termine, je la laisse devant chez elle.
Je n'ai rien pu lui dire.
Pourtant j'ai passé une très bonne soirée, mais...
Découvrez The Outlaws!
Elle est juste derrière moi.
La lune est devant.
Je pose le casque sur les oreilles et je m'éloigne le plus vite possible, sans me retourner.
J'ai juste déposé un baiser sur ses joues.
C'est la seule chose que je puisse faire ce soir.
« Quelle est belle cette lune… »
Les idées se bousculent dans ma tête.
« Va-t-elle venir me voir ? »
« Vais-je la rejoindre ? »
« Pourquoi cette saloperie d'immeuble me cache la lune ? »
La musique monte à mes oreilles et quelque chose se passe.
Je ne vois plus le ciel.
J'ai peur, un frisson parcourt mon corps.
Je ne vois plus le ciel.
Je vois un immense jardin.
Quelques fleurs volent de part et d'autres.
Une voix m'appelle : « Tu as vu comme c'est beau ? »
Je réponds : « Oui, je sais. Je sais que tu es heureuse ici. »
« Tu me rejoindra un jour. »
« Oui, mais le plus tard possible. »
« Oui, tu as encore tellement de choses à faire. »
Une forme que je ne saurai décrire avec précision s'approche, elle baragouine quelques mots puis disparait.
J'ai l'impression d'être projeté en arrière, comme d'être happé par le vide.
Quelques secondes plus tard, une seule idée trotte dans ma tête.
Pourquoi cette hallucination, pourquoi maintenant ?
Il ne fait aucun doute que la personne que j'ai vu me connait, surement ma grand-mère.
Mais ce ne sont que des conneries, des trucs dans mon cerveau qui font apparaitre des choses que je veux voir.
Pourtant je me sens troublé. Troublé mais heureux.
Je repense à elle, elle pour qui j'ai tout quitté.
Je suis bien avec elle, je l'ai fais souffrir, je vois qu'elle est encore fragile mais je ne sais pas quoi faire.
La musique s'accélère.
Interrompant ma réflexion, je commence machinalement à taper le rythme sur mes jambes.
Puis je sors les deux mains de mes poches et commencent à imiter les mouvements du guitariste.
Je tourne au coin de la rue et tout s'éclaire.
La musique me rend heureux. Elle m'apporte des choses que je ne saurais décrire. Un sentiment de bien être différent de l'amour mais qui me fait tellement de bien.
Je suis drogué par elle.
Le solo débute, je prends une décharge.
Je m'envole.
Ma bouche s'ouvre machinalement et je ferme les yeux.
Je tente de retrouver le jardin.
Il approche. Plus la musique monte, plus je peux apercevoir cette prairie étrange.
Elle redescend. J'en fais de même.
Je continue à tapoter au rythme de la musique.
Dans ma tête tout est clair.
Ce morceau de bois, cette guitare sur laquelle je joue me remplis d'une joie intense.
Une joie capable de me faire oublier n'importe quoi.
Mais pas elle, la jeune fille est toujours là.
Le deuxième solo débute.
Je repense à elle, que j'ai laissé brutalement devant sa porte.
Que dirait-elle si elle me voyait, sur scène entouré par 4 autres musiciens ?
Que ferait-elle en me voyant jouer ce solo ?
Ressentirait-elle autant de joie que moi à l'instant ?
Je me prends à rêver de cet instant, devant plusieurs milliers de personnes.
J'ai envie de faire partager mon bonheur à tous.
Que cette joie remplisse le cœur de tous les gens qui entendront la musique.
La musique justement, elle s'arrête.
Je suis arrivé de toute façon.
Je rentre chez un ami.
A quelques pas de là, dans un immeuble assez ancien, une jeune fille.
Elle possède encore des choses à moi, l'une d'elle battait fort dans ma poitrine quelques heures plus tôt.
Die Useful - Chapitre 13 - Copyright ALBERGE Romain 2007-2008

Commentaires